"L'épopée bleue
(suite)"
dans le cadre de l'exposition "Plutôt que rien : démontages"
Centre d'art Mira Phalaina de la Maison populaire Montreuil
du 19 janvier au 26 mars 2011
Commissaire d'exposition
: Raphaelle Jeune

Quarante-cinq artistes sont invités
à investir le lieu pour un jour, à tour de rôle, à
partir d’un protocole
singulier qui interroge le format de l’exposition collective au regard
des notions de transformation
et de flux. Artistes, visiteurs, commissaire,
théoricien, équipe de la Maison populaire sont ainsi
engagés dans un mouvement d’apparition et de disparition des propositions
artistiques,
de passages de seuils et d’altérations continues. Nicolas Ledoux,
Marie-Jeanne Hoffner,
Laurent Tixador, LNG, Aurélien Mole, Nicolas Simarik, Marylène
Negro, etc
Pour la première
phase de sa programmation, Plutôt que rien : démontages, Raphaële
Jeune développe
en collaboration avec le philosophe Frédéric Neyrat un dispositif
curatorial singulier par le biais
d’un protocole proposé à quarante-cinq artistes, autant
que de jours d’ouverture de l’exposition.
Ce protocole établit des règles à partir desquelles une
exposition peut s’écrire dans le temps.
Chaque artiste est
invité à intervenir, le temps d’un jour, dans le centre
d’art de la Maison populaire,
avec une œuvre, une installation ou une modalité de présence
choisie en réponse au contexte.
Ce temps court, situé dans un enchaînement chronologique entre
les propositions précédentes
et les suivantes, permet d’envisager l’intervention artistique autrement
que dans une exposition
collective agencée spatialement. Si dans cette dernière, les œuvres
sont installées avant l’ouverture
et, le plus souvent, une fois pour toutes, vidant l’espace de la présence
de l’artiste, Démontages place
au centre le processus apparition / présence / disparition de l’œuvre,
tel que l’artiste le négocie, dans
une temporalité contractée, dans un espace-chantier jamais stabilisé
et à partir d’un propos curatorial
perpétuellement transformé. Ainsi, une infinité de situations
peut se présenter, libre aux artistes
d’interpréter le protocole, et de jouer avec le mouvement d’altération
continue qui crée l’exposition.
Chaque jour, le moment du démontage, de la dé(sex)position de
l’œuvre est celui d’un rendez-vous
privilégié du public avec l’artiste. C’est l’instant
plus ou moins dilaté d’un devenir absence,
d’une « déposition » dans laquelle Frédéric
Neyrat voit « un des noms pour les devenirs non flexibles,
les à-venirs qui ne font pas que passer », l’art laissant
un dépôt sur son passage. Ce dernier souhaite
échafauder, en lien avec ce processus, une improvisation philosophique
dans laquelle il tente
l’expérience sans filet de l’altération d’une
forme d’expression, celle de la pensée, par,
dans, et à travers une autre, celle de l’art : une pratique des
seuils.